Oui, ce premier moment d'angoisse était pour ce fantôme qui soudain n'en était plus un... Soudain, cette mère-là, celle de la 1ère vie, celle du ventre, celle de naissance, la biologique, ou tout autre appellation que l'on pourra lui donner un jour, que Nour elle-même lui donnera, cette mère-là est soudain devenue très réelle dans nos vies, très concrète, comme quelqu'un que l'on attend plus, à qui l'on ne pense plus et qui soudain vous appelle...
Et cette "irruption" m'a aussi fait repenser à mes premiers moments à moi, dans la vie de ma fille, à ce que tout cela a provoqué chez moi, à cette tempête intérieure que j'ai vécue les premières semaines de notre vie commune, les premiers temps de cette relation mère-fille pas aussi simple, pas aussi évidente que cela!!
Ces semaines-là sont encore fraîches dans ma mémoire, j'ai parfois encore cette boule à l'estomac, ce noeud au fond de ma gorge, cet empêchement, cet obstacle, ce frein, cette interdiction de me dire "cette fois, ça y est, elle est là, pour toujours, à côté de toi..."
Ces premiers moments, en décembre 2010, sous la neige, dans nos trajets vers elle, au sens propre comme au figuré, car oui, mes pieds ont marché... Mais il m'a aussi fallu faire un trajet dans ma tête, dans mon coeur, entre l'enfant "Salomé" que j'avais si longtemps imaginée, entre ce petit bouchon qui avait si longtemps vécu sous mes doigts dans mes histoires, dans ma tête et dans mon coeur... et cette enfant-là, Nour, ma fille, réelle, vivante, avec son parcours de vie, avec son petit sac de noeuds, avec toute une vie déjà vécue avant moi...
Il m'a fallu aussi pardonner... Pardonner à cette mère de naissance pour pouvoir la respecter comme j'ai envie de le faire, accepter que pour "donner" il a fallu "abandonner", et pour un jour prochain pouvoir parler d'elle avec ma fille, pour pouvoir entendre ce que Nour aura à en dire, de cette 1ère maman, pour écouter les reproches ou les envies, les besoins de rencontre, de réponses, les questions, les histoires racontées, vécues, inventées...
Mais JE suis la Maman de Nour, je n'ai pas besoin que cela soit écrit pour le savoir, je n'ai pas besoin qu'un juge me le dise pour le devenir, je n'ai pas attendu d'être légitime pour être sa maman, la vraie, la seule, la deuxième, celle du coeur, celle de l'amour, celle de tous les jours...
Cette incursion dans notre vie, de cette maman-là, m'a fait comprendre (et c'est paradoxal sans doute) à quel point je suis aujourd'hui la mère de ma fille...
5 commentaires:
Souvent c'est un électrochoc qui nous remet le curseur au bon endroit. L'électrochoc nous met devant l'évidence. Si l'électrochoc nous paralyse au début, il nous donne plus tard la conviction, la certitude.
Le retour de sa mére de naissance t'a fragilisée dans ta légitimité de mére. Mais pour Nour, il n'y a qu'une maman: c'est TOI.
Biz
C'est très beau ce que tu as écrit...
Je pense bien à vous !
J'admire ton courage face à cette drôle de péripétie.
Mais tu as raison, tu es la seule maman que Nour a toujours connu et ça personne ne peut vous l'enlever.
Retourne vite sur mon blog car tu t'es un peu emmêler les lettres...
Vite, vite, cadeau pas forcément sous forme de bonbons.
Bises
Trop beau, trop vrai, ça me touche tu ne peux t'imaginer combien....
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