dimanche 10 juin 2012

Sur la route...

L'écriture c'est le coeur qui éclate en silence. 
(Christian Bobin)

 Petit Pierrot de La Lune...

Hier était un jour spécial...
Hier était un jour particulier dans mon coeur de maman...
Hier, pour la 1ère fois depuis ce début de chemin vers toi, j'ai trouvé le temps long...
Hier, en ouvrant ce blog le matin, j'ai vu s'afficher notre compteur de pas... 8 mois...
8 mois déjà, 8 mois seulement, 8 mois tout court! Peu importe, c'est toujours 8 mois...
8 mois et l'on n'est pas très loin, mon joli Pierrot...
On y croit fermement parfois...
On désespère aussi de temps en temps... 
Et l'on écoute de toutes parts les bruits du vent qui souffle les annonces de délais...
On n'entend pas grand chose, signe que les choses sont calmes ces derniers temps...
Signe maudit, mauvais signe, quand il n'y a pas de bruit...
On le sait, le chemin vers toi n'est pas tracé encore...
On le sait, on doit encore se forcer un peu à regarder dans toutes les directions...
On le sait, ce n'est que le début, rien n'est encore fait, rien n'est encore décidé, rien n'est encore acquis...
On le sait, on devra à nouveau apprendre la patience qui fait frémir, l'attente qui fait frissonner, les états de suspension pour cet enfant qui un jour sera le nôtre mais vers lequel on cheminera sans jamais savoir tout à fait où l'on va...
Et moi, je ne l'aime pas, ce mot... ATTENDRE...
Et moi, j'ai peur aussi... j'ai peur de moi, peur que mon coeur de maman ne chavire une fois encore en t'attendant, peur des nuits sans sommeil à rêver ta venue, peur de ce ventre qui se tord sous la douleur de l'attente, peur de cette nouvelle attente qui me mettra la tête à l'envers...


Alors hier, pour ces 8 mois de route vers toi (même pas encore une grossesse mais presque!) j'ai été sur un lopin de terre retourné, là où a été plantée cette croix sur laquelle figure SON nom à lui, à cet arrière-grand père que toi, tu ne connaitras qu'à travers moi... Je suis allée lui dire combien je t'attends, combien je t'espère, combien je suis prête à t'accueillir, d'où que tu viennes, qui que tu sois, quelle que fût ta vie d'avant moi, d'avant nous... 

Et lui dire aussi que de là-haut, sur la lune, votre domaine commun sans doute, il te cherche un peu pour moi, qu'il te dise que nous sommes déjà là, quelque part, à t'attendre sagement (ou pas!)...
Et que oui, tu as tous les droits de prendre ton temps, mais que nous, ici, on est prêts pour toi!

Sur ce lopin de terre retournée, j'ai planté une lavande et une pâquerette, la lavande pour son odeur de champs de Provence qui embaumera un peu ce lieu bien triste, et la pâquerette pour venir l’effeuiller un jour, de je t'aime... un peu... beaucoup... à la folie...

Bientôt, je retournerai sur ce lopin de terre, lui dire à LUI, ce grand-père qui me manque tant, que nous avançons, que nous savons désormais d'où tu viendras, et puis un jour plus lointain, Petit Pierrot, ta petite main dans la mienne, nous irons le voir pour lui dire que tu es là, enfin... Pour lui dire qu'il est arrière-grand-père, encore une fois, lui qui se plaisait tant à vous compter, lui qui pour chacun des ses petits-petits-enfants aura tracé une croix sur son coeur...


Et puis aujourd'hui, Petit Pierrot, c'est la fête des Papas ici...
Et je sais qu'il t'attend, lui aussi...

1 commentaire:

La Famille Bonheur ... a dit…

Ton message est très beau, tout simplement ...
Courage pour cette attente, tellement difficile dans ce parcours.

Bisous

Sandrine