Parce que nos procédures sont toutes différentes, et que la nôtre, en l’occurrence, est toute particulière...
Parce que j'aime assez ça, moi, faire un brin de "pédagogie de l'adoption" de temps en temps (bon, c'est vrai, parfois j'ai pas envie, surtout quand il faut réexpliquer ENCORE pourquoi nous avons toujours parlé avec Pim de son histoire, et redire encore que oui,elle sait qu'elle a été adoptée et que non, il n'a jamais été question de le lui cacher!!) mais en général j'aime assez ça, j'aime surtout quand les gens autour de nous ont réellement envie de comprendre dans quelle aventure nous nous sommes lançés...
Ici, je sais, vous n'avez rien demandé finalement mais c'est chez moi, je raconte encore ce que je veux (et na!)...
Certains (certaines surtout) connaissent trop bien cette procédure "d'adoption interne" pour la vivre ou l'avoir vécu elles aussi... Pour d'autres, sans doute certains concepts relèvent-ils du grand mystère et suscitent-ils des interrogations... et parce que finalement rien n'est tabou (ou presque rien) je m'en viens vous faire une petit cours en spécialiste ES adoption interne que nous sommes devenus (quels meilleurs experts que ceux qui vivent les choses finalement??)
Je m'éloigne...
Reprenons l'histoire...
Dans notre attente, trois étapes phares (avant l'attribution, s'entend) jalonnent le chemin...
1/ D'abord, après quelques rencontres encadrées par les autorités compétentes en matière d'adoption, le premier grand défi consiste en l'obtention du "certificat" considérant alors que vous pouvez passer à l'étape 2. Cette première étape requiert du temps, demande de mobiliser de l'énergie mais est accessible à tous, tous candidats ayant suivis les préparations obtiendra donc son certificat. On pourrait comparer cela à l'agrément français si ce n'est que c'est sans doute plus simple de l'obtenir...
C'est après que les choses se corsent un peu...
2/ Avec ce certificat en mains, il nous faut trouver un organisme d'adoption prêt à soutenir notre projet et à nous accompagner vers notre futur enfant. En Belgique, deux options très distinctes s'offrent aux candidats: l'adoption internationale ou l'adoption interne. Je ne m'étendrai pas sur l'adoption internationale que je ne connais que théoriquement, notre voie étant (et ayant toujours été) l'adoption interne, soit l'adoption d'un enfant né sur le sol belge (les origines de l'enfant étant potentiellement très variées de par la multiculturalité présente sur le territoire!!) Cette étape-là est cruciale, parfois sujette à de grosses déceptions. Dans notre cas, pour cette seconde procédure, les choses ont encore été simples, nous savions quasi d'entrée de jeu que nous serions acceptés par l'OAA de notre choix, ayant déjà adopté Pim par leur intermédiaire, il aurait été asse incohérents de leur part de nous refuser cette fois-ci!) Après une première rencontre avec l'équipe, nous avons donc eu le feu vert pour l'élaboration de notre projet en leur compagnie. Là, rencontres avec un psy, un médecin, visite de l'AS à domicile etc. pour finalement arriver au second graal: la convention. Cette convention, signée par l'OAA et par nous, signe aussi l'entrée officielle en liste d'attente. C'est là, précisément là que pour la 1ère fois nous pouvons dire qu'un jour, nous aurons un enfant... Sans savoir qui, quand, où, comment, une première certitude est enfin présente, cet enfant arrivera un jour... On peut alors commencer à attendre (et finir par ne plus faire que cela!!)
3/ Cette liste d'attente est faite en deux "phases": la première consiste à mois après mois grappiller des petites places et grimper en tête de la liste. Jusque là, ça roule, vous vous voyez avancer, vous vous projetez dans l'arrivée d'autres enfants dans d'autres familles, vous vous réjouissez pour ces familles-là et la vie suit son cours normal, ou à peu près!! La tête de liste c'est ce fameux TOP 5 dont je vous parle depuis maintenant un moment. Une fois arrivé là-haut, deux choses se produisent: la première c'est que vous entrez dans le No Man's Land de l'info. Dés ce moment, vous ne saurez plus rien de l'avancée de la liste, les infos seront glanées ailleurs (ou par d'autres que vous!!) et vous, vous resterez là, gentiment, à guetter le moindre signe que quelque chose se passe vous faisant avancer vers le Grand Jour... La seconde c'est qu'à l'entrée dans le TOP, on vous dira simplement qu'à partir de là, tout peut se passer très vite (ou pas), que l'enfant peut être là demain (ou pas), que cela ne devrait plus durer (ou pas). Vous ne vivez plus que par cela, vous ne projetez plus rien sans lui, sans elle, vous êtes purement et simplement suspendu au fil rouge (ou à celui de votre téléphone!!) attendant une seule chose, qu'une sonnerie retentisse et qu'enfin quelqu'un vous dise "ça y est, c'est votre jour, il vous attend, cet enfant tant désiré!!
Pour nous, l'entrée dans le TOP s'est faite en juin dernier... Autrement dit, cela va faire 5 mois que pour nous, le Grand Jour, c'est demain...
Dire que cela vous tombe dur sur les nerfs serait un doux euphémisme... Parce qu'entre le lendemain et 5 mois plus tard, vous avez toujours cette impression étrange d'avoir purement et simplement arrêté de respirer...
Alors moi je trouve que quand même, c'est long "demain" non?
1 commentaire:
C'est assez ironique ton billet que je découvre aujourd'hui seulement, après ce qui c'est passé hier. Au départ, c'est vrai que c'est l'euphorie d'entrer dans le Top 5 et puis, on découvre ce qui s'y cache vraiment! Ce Top 5, insaisissable, que l'on souhaiterait maîtriser mais qui nous échappe, dont on a du mal à entrevoir la logique, même si l'on essaie tant bien que mal, tellement imprévisible, qui nous suspend... Je vous souhaite que "demain" devienne bien vite "aujourd'hui" et que que vous puissiez en sortir de ce top qui rend fou! Bises!
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