dimanche 5 août 2012

Pomme d'Amour #2

Chaque semaine, je me dis que je dois y aller...
Chaque semaine, je me trouve des excuses pour ne pas faire ce pas vers toi...
Parce que ta tête qui part dans tous les sens et que je ne comprends plus me fait peur...
Parce que cette heure passée à tes côtés me rappelle aussi chaque fois que LUI, il n'est plus là...
Parce que te voir, c'est réaliser plus encore qu'il est bel et bien parti...
Parce que rentrer dans ce qui est aujourd'hui ta maison me fait frissonner, de la tête jusqu'aux pieds...
Parce que chaque fois, je me dis que c'est si dur de te voir partir comme cela, que ta tête s'en va quand ton corps, lui, est encore là...
Mais je sais, ce ne sont que des excuses, c'est bidon, cela ne vaut rien et c'est un peu lâche aussi...

Cette semaine, je m'étais jurée de venir... d'apporter un petit gâteau à manger avec toi, de te regarder un peu, de toucher ta peau ridée en l'embrassant, de prendre dans mes mains tes mains fripées, vieilles, usées d'avoir tant toucher cette terre que tu as sans doute parfois dû maudir...

C'était prévu, planifié, dans ma tête, dans mon emploi du temps, je m'étais jurée de ne pas reporter, pas cette fois, de ne pas me trouver d'excuses et d'affronter ce moment que, chaque fois, je redoute...

Entrer entre les murs, sous le ponton de briques rouges, faire le tour de la bâtisse pour aller poser gentiment ma voiture à l'arrière, là où j'ai le temps de marcher un peu avant d'arriver à toi, de respirer un peu, de refouler les larmes qui me monteraient aux yeux, forcément, en arrivant dans le hall...
Prendre l'ascenseur et monter au deuxième, passer le coin du couloir, entrer dans ta chambre et te saluer d'un grand Holà, comme je le fais chaque fois, m'approcher, t'embrasser, te raconter un peu ma vie, parler des fleurs que tu aurais reçues depuis ma dernière visite...

Soudain, tu étais là, sous mon regard... et la tristesse m'a envahit lorsque je me suis dit que je souhaitais tant qu'il vienne te chercher, celui qui depuis toujours partageait ta vie...

Pomme d'Amour, ridée, tombée à côté de son arbre, et qui ne veut plus y monter...
Pomme d'Amour, tu as rit un peu aux bêtises des enfants, as manger un gâteau de bois et de feutre préparé par ton arrière-petite-fille...
Pomme d'Amour n'était pas là, pas vraiment...

Chaque fois je promets de revenir très vite...
Et chaque fois, je te mens un peu...



2 commentaires:

Liesbet a dit…

Les mots me manquent car tu as tout dit... et en même temps que le pincement qui me serre fort le coeur, il y a le soulagement...le soulagement de ne pas être la seule, d'être lâches à deux au moins...et même si ça ne rend pas les choses plus faciles, ça me soulage un peu de cette peine-là... et puis moi aussi j'ai ce souhait que je pensais ne jamais avoir : qu'elle parte, vite, le rejoindre, là où nous pourrons penser à eux avec douceur et juste nous remémorer tout le bon qu'ils nous ont apporté dans notre vie... Bises

Véro, Franck et Lisa a dit…

Il est dur de voir nos être chers partir bout par bout.
J'ai l'impression que face à moi, j'ai une bougie qui se consumme, jusqu'à quand???

Bises